Neuf cartouches de jeu à étiquette vierge rangées en grille de trois sur trois, vues du dessus

Trois cents jeux sur une carte microSD, cela donne une liste de trois cents lignes de texte. On y trouve smb3.zip, Super Mario Bros. 3 (USA).zip et SMB3 (hack fr).zip, et plus personne ne sait lequel lancer. Le scraping règle ça : un outil interroge une base en ligne, reconnaît chaque fichier et rapatrie la jaquette, le titre propre, l'année, l'éditeur et parfois une vidéo.

Le résultat est visuel, mais l'intérêt est ailleurs : une bibliothèque scrapée devient triable et cherchable, par genre, par année, par note, et les doublons sautent aux yeux. Sur une console qu'on allume dix minutes dans le train, ce gain de temps compte plus que la beauté des images.

Ce que le scraping récupère réellement

Un scraper ne « lit » pas votre jeu. Il envoie à une base en ligne le nom du fichier, sa taille et une empreinte numérique (CRC, MD5 ou SHA-1) ; la base répond avec la fiche correspondante. Seule la signature circule, pas le jeu.

La base la plus utilisée sur les consoles portables est ScreenScraper.fr, alimentée par des contributeurs bénévoles et bien fournie en jaquettes européennes. TheGamesDB et ArcadeDB servent de secours sur certains firmwares.

Un compte ScreenScraper gratuit est nécessaire : les scrapers de KNULLI et de ROCKNIX réclament tous deux identifiant et mot de passe. Ce compte est bridé en débit et en volume quotidien, les contributeurs obtenant davantage de fils de téléchargement simultanés. Sur plusieurs centaines de titres, comptez plusieurs sessions.

Le scraping ne fournit que des images et des textes descriptifs. Il ne fournit aucun fichier de jeu. Pour la question des sources légales, voyez notre page Où jouer légalement.

Le nommage des fichiers commande tout le reste

C'est la partie que l'on saute et qu'on regrette. Un scraper identifie un jeu par son empreinte quand elle est connue, par son nom de fichier sinon. Dès qu'un fichier a été recompressé, converti, patché ou renommé à la main, l'empreinte ne correspond plus à rien et il ne reste que le nom.

D'où la règle : conservez les noms issus des conventions de catalogage standard, celles des projets No-Intro pour les cartouches et Redump pour les disques. Elles suivent la forme Nom du jeu (Region) (Langues) [flags].ext. La documentation de KNULLI le dit sans détour : le scraper cherche à partir du nom de fichier, et les indications de région comme (USA) ou (Europe) aident à trancher entre plusieurs éditions.

Ce qui casse la reconnaissance

  • Les abréviations maison : ff7.chd ne dit rien à personne.
  • Les numéros de tri en préfixe : 01 - Chrono Trigger.sfc fait chuter le taux de réussite.
  • Les caractères exotiques, qui posent aussi des problèmes de lecture en FAT32.
  • Les jeux modifiés par des fans : leur empreinte est unique, aucune base ne les connaît. Ils resteront à illustrer manuellement.
  • Les jeux multi-disques éclatés en (Disc 1), (Disc 2), qui produisent plusieurs entrées au lieu d'une.

Corriger le nommage avant de scraper évite la grande majorité des jaquettes manquantes. Une heure de renommage propre vaut mieux que trois passes.

Scraper depuis la console : les firmwares à base d'EmulationStation

KNULLI, ROCKNIX, Batocera et ArkOS reposent sur EmulationStation et embarquent un scraper. C'est la méthode la plus simple : la console fait tout.

Sur KNULLI, on appuie sur Start pour ouvrir le menu principal, puis on entre dans Scraper. Trois sources sont proposées : ScreenScraper (par défaut), TheGamesDB et ArcadeDB. On y choisit les médias — jaquette 2D ou 3D, logo, vidéo, note communautaire, manuel, description —, la région préférée et le comportement en cas de données déjà présentes. Une section de filtres permet de ne traiter qu'un système à la fois ou d'ignorer les jeux scrapés récemment : indispensable sur une grosse bibliothèque.

Sur ROCKNIX, le chemin est identique : Start, menu principal, Scraper. La documentation officielle ne mentionne que ScreenScraper, avec saisie des identifiants puis des cases à cocher pour les ressources à télécharger.

Dans les deux cas, laissez la console branchée sur le secteur : un scraping de plusieurs centaines de jeux avec vidéos peut occuper l'appareil une bonne partie de la nuit. Si vous hésitez encore sur le firmware, notre guide des firmwares personnalisés muOS, KNULLI, ArkOS, ROCKNIX et Batocera compare leurs partis pris.

Scraper depuis un ordinateur : Skraper et Skyscraper

Le PC devient nécessaire dans deux cas : firmware sans scraper interne, ou envie de composer vos propres images.

Skraper est l'outil graphique de référence : gratuit, adossé à ScreenScraper, natif sous Windows et Linux, et sous macOS uniquement via WINE ou CrossOver, sans support officiel. La version publiée à ce jour est la 1.4.1. On lui indique le dossier de ROMs, le dossier de sortie et le format des images, et il traite la carte entière. C'est lui que recommandent les guides de configuration des Anbernic à firmware d'origine, avec un dossier de sortie réglé sur %ROMROOTFOLDER%\Imgs\.

Skyscraper est son équivalent en ligne de commande, bien plus configurable. Attention au dépôt : le projet d'origine de Lars Muldjord n'est plus maintenu, son auteur prévient que certaines interfaces de bases peuvent être obsolètes et renvoie vers le fork communautaire de Gemba, actif depuis l'automne 2023. C'est cette version qu'il faut installer ; elle tourne sous Linux, macOS et Windows, dernière publication 3.20.2 du 27 juillet.

Prévoyez de la place avant de lancer l'opération : une carte saturée provoque des écritures incomplètes. Notre guide pour choisir sa carte microSD détaille les capacités utiles.

Les firmwares sans EmulationStation

muOS ne contient pas de scraper interne. Sa documentation est explicite : les images se déposent manuellement ou se génèrent avec un outil tiers. Deux existent et sont maintenus.

  • Artie tourne directement sur la console, sans PC après installation. Il puise dans ScreenScraper, demande vos identifiants au premier lancement, annonce plus de cent dix systèmes pris en charge et range les fichiers dans le catalogue muOS. Version 4.1.0 du 11 mai 2026.
  • Scrappy embarque Skyscraper dans une application muOS et compose des images à partir de gabarits XML. Il réclame une version récente de muOS ; son auteur signale qu'il ne fonctionne pas sur les anciennes.

OnionOS, sur Miyoo Mini, propose les deux voies : une application Scraper embarquée, plus lente sur les grosses collections, et Skraper depuis un ordinateur, plus rapide. La documentation Onion recommande des PNG de 250 pixels de large sur 360 de haut au maximum.

Les firmwares d'origine des Anbernic H700 et des TrimUI, eux, n'ont aucun scraper : il faut passer par le PC.

Quel outil pour quel firmware

Firmware Scraper interne Solution recommandée
KNULLI Oui (Start > Scraper) Sur la console, source ScreenScraper
ROCKNIX Oui (Start > Scraper) Sur la console, source ScreenScraper
Batocera, ArkOS Oui (EmulationStation) Sur la console
muOS Non Artie ou Scrappy, sur la console
OnionOS (Miyoo Mini) Oui, application Scraper Interne, ou Skraper depuis un PC
Firmware d'origine Anbernic, TrimUI Non Skraper ou Skyscraper depuis un PC

Choisir le type d'images, et ce que ça coûte en place

Les bases proposent plusieurs médias pour un même jeu, et c'est là que la carte se remplit sans qu'on le voie.

  • La jaquette 2D est le choix par défaut : lisible en petit, immédiatement reconnaissable, c'est celle qui rend le mieux sur un écran de 3,5 pouces.
  • La boîte 3D est plus jolie sur un grand écran, mais son texte devient illisible en vignette.
  • L'écran-titre existe pour à peu près tout, y compris l'arcade et les titres japonais sans jaquette référencée.
  • La capture en jeu renseigne sur le style graphique, mais toutes se ressemblent en vignette.
  • Le logo (souvent appelé wheel) sert de surimpression dans certains thèmes, pas de vignette principale.
  • Les vidéos sont le seul média vraiment lourd. Là où une jaquette PNG au format recommandé par Onion se compte en dizaines de kilo-octets, une vidéo se compte en mégaoctets par jeu. Sur trois cents titres, la différence se chiffre en gigaoctets.

Notre conseil : jaquette 2D seule au premier passage, écran-titre en secours pour le reste, vidéos uniquement si vous avez de la place et une console assez rapide pour les lire sans saccade.

Où atterrissent les images

Le principe est simple, même si chaque famille a sa variante. Les firmwares à base d'EmulationStation écrivent un gamelist.xml par système, à côté des jeux, et rangent les médias dans un sous-dossier voisin. Le XML fait le lien entre chaque jeu et son image : c'est lui qui porte la bibliothèque, pas les images.

muOS fonctionne autrement, avec un catalogue centralisé dans MUOS/info/catalogue/ : un dossier par système, puis box, preview, splash et text. Le nom de l'image doit reproduire exactement celui du jeu, extension mise à part. Et muOS ne cherche qu'à la racine de ces dossiers : un jeu rangé dans un sous-répertoire n'aura pas d'image dans un sous-répertoire équivalent.

OnionOS et les firmwares d'origine attendent un dossier Imgs à côté des ROMs de chaque système — avec un I majuscule sur Onion, la casse compte.

Pour les chemins exacts, système par système et firmware par firmware, reportez-vous à notre article sur l'arborescence des dossiers selon le firmware : le tableau y est déjà, inutile de le recopier ici.

Les thèmes d'interface

Un thème décide de ce que vous voyez : grille de jaquettes, liste avec vignette latérale, fiche détaillée avec logo et description. Conséquence pratique, il peut réclamer un média que vous n'avez pas scrapé — une grille de boîtes 3D restera vide si vous n'avez récupéré que des jaquettes 2D. Vérifiez ce qu'il attend avant de vous inquiéter d'un affichage incomplet.

Sur Batocera, un téléchargeur de thèmes est intégré au menu Updates & Downloads, section Themes ; les firmwares dérivés en héritent. La documentation conseille de vérifier les problèmes signalés sur un thème avant de l'appliquer : les incompatibilités existent. Sur muOS et OnionOS, les thèmes se téléchargent auprès des communautés respectives et se déposent dans le dossier prévu.

Sauvegardez avant de changer. Un changement de thème n'efface pas vos jeux, mais une réinstallation de firmware peut emporter vos gamelist.xml et vos médias. Copiez-les sur votre ordinateur avant toute mise à jour majeure.

Dépannage

Une jaquette manque

Dans l'ordre : vérifiez le nom du fichier, relancez un scraping ciblé sur ce seul titre, changez de source si le firmware en propose plusieurs, puis de région préférée. Si le jeu est un hack ou une traduction amateur, aucune base ne le connaît : ajoutez l'image à la main, en reprenant à la lettre le nom du fichier de jeu.

La jaquette affichée n'est pas la bonne

C'est presque toujours un problème d'édition : un fichier sans indication de région tombe sur la première correspondance venue. Ajoutez (Europe) ou (USA), effacez la fiche existante, puis rescrapez ce seul jeu. Sur EmulationStation, les métadonnées s'éditent depuis la fiche du jeu, et une option protège vos corrections manuelles lors des scrapings suivants.

La liste affiche des doublons

Trois causes classiques. Les jeux multi-disques présents en plusieurs fichiers, dont le regroupement passe par un fichier de liste unique. L'archive et son contenu tous deux visibles, quand jeu.zip et jeu.sfc cohabitent : ne gardez qu'une forme. Enfin un gamelist.xml hérité d'une ancienne installation, qui décrit des jeux absents : supprimez-le et relancez un scraping complet.

Si le problème n'est pas l'image mais le jeu qui refuse de démarrer, la cause est ailleurs : notre article mon jeu ne se lance pas, 14 causes passe les vérifications dans l'ordre.

Le scraping est-il légal ?

Oui. Vous téléchargez des images promotionnelles et des descriptions depuis une base communautaire, pas des fichiers de jeu. C'est l'origine de vos jeux qui pose une question juridique, pas leurs jaquettes. Notre page Où jouer légalement fait le point.

Faut-il un compte ScreenScraper payant ?

Non, le compte gratuit suffit et il est obligatoire sur KNULLI comme sur ROCKNIX. Il est simplement bridé en débit et en volume quotidien. Les contributeurs qui alimentent la base obtiennent davantage de fils de téléchargement simultanés, ce qui accélère les grosses bibliothèques.

Combien de temps prend un scraping de trois cents jeux ?

Cela dépend du compte, de la connexion et des médias demandés. Comptez de l'ordre d'une soirée pour des jaquettes seules, sensiblement plus avec les vidéos, et prévoyez plusieurs sessions si le quota journalier se déclenche. Laissez la console alimentée.

Peut-on scraper sans connecter la console au Wi-Fi ?

Oui, en passant par un ordinateur avec Skraper ou Skyscraper, carte microSD dans le lecteur. C'est la seule méthode possible sur les firmwares d'origine Anbernic et TrimUI, qui n'ont pas de scraper interne. Vous récupérez ensuite la carte et remettez-la dans la console.

Mes images seront-elles conservées si je change de firmware ?

Rarement telles quelles : chaque famille de firmware attend ses images à un endroit et dans un format précis. Les fichiers restent lisibles, mais il faut les déplacer, parfois les renommer, souvent rescraper. Copiez toujours vos médias et vos gamelist.xml sur un ordinateur avant de changer de système.

Comment savoir quel firmware ma console accepte avant de me lancer ?

Notre tableau de compatibilité firmware liste les systèmes pris en charge modèle par modèle. C'est le point de départ le plus fiable avant d'installer quoi que ce soit et de découvrir que le scraper attendu n'existe pas sur votre appareil.

Un dernier point matériel. Le scraping écrit des milliers de petits fichiers, et c'est l'usage qui démasque les cartes microSD contrefaites : la copie semble se dérouler, puis les images disparaissent ou s'affichent corrompues. Toutes les cartes que nous expédions sont vérifiées par écriture-relecture complète avant départ. Si la vôtre vous inspire un doute, voyez notre rayon cartes microSD.

EmulationstationFirmwareJaquettesRubrique-apres-venteScrapingScreenscraper

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