Carte microSD appuyée contre une console portable rétro compacte à écran carré

ArkOS a été l'un des firmwares alternatifs les plus utilisés sur les consoles portables à puce RockChip. Son dépôt principal a été archivé le 30 décembre 2025 : il est passé en lecture seule, et la page d'accueil de son wiki annonce que le projet n'est plus maintenu et qu'il est remplacé par dArkOS. Les images restent téléchargeables et fonctionnent, mais plus rien n'y sera ajouté. Ce guide explique comment l'installer proprement, ce que vous y gagnez, ce que vous y perdez, et quelles solutions maintenues prendre à la place.

Sur quelles machines ArkOS tourne réellement

ArkOS n'est pas un firmware universel. Il vise deux familles de puces RockChip : le RK3326 et le RK3566. En dehors de ces deux familles, il n'existe pas d'image.

Les images publiées sur le wiki officiel couvrent le GameForce Chi, les Anbernic RG503, RG353V, RG353VS, RG353M, RG351V, RG351MP/RGB10X et RG351P/M, les Powkiddy RGB20 Pro, RGB30 et RK2023, le R35S, l'Odroid Go Advance 1.0 / RK2020 et l'OGA 1.1 / RGB10 / RGB20 / V10.

Deux avertissements figurent noir sur blanc dans la documentation : l'image RG351MP/RGB10X ne fonctionne pas sur les RG351P et RG351M, et l'image OGA 1.1 / RGB10 ne fonctionne ni sur les RGB20s ni sur les RGB10 Max.

Dans notre catalogue, une seule machine est concernée : l'Anbernic RG353V (RK3566). Les autres consoles Linux que nous vendons utilisent d'autres puces et relèvent d'autres firmwares.

Machine Puce Image ArkOS ? À regarder à la place
Anbernic RG353V RK3566 Oui, image dédiée dArkOS, ROCKNIX
Anbernic RG353PS RK3566 Pas d'image dédiée listée À vérifier dans notre tableau de compatibilité
RG35XX Pro, RG40XXV, RG34XX, RG28XX, RG CubeXX, RG35XX SP/H Allwinner H700 Non muOS, Knulli, ROCKNIX
TrimUI Brick, Smart Pro Allwinner A133 Plus / A523 Non Firmware d'origine, CrossMix
Miyoo Mini Plus SigmaStar SSD202D Non OnionOS, Knulli
Powkiddy RGB20S, X55 RK3326 / RK3566 Non listées ROCKNIX, Batocera

Si votre console ne figure pas dans la première ligne, passez par notre tableau de compatibilité firmware et par le guide sur l'installation d'un firmware personnalisé, qui compare muOS, Knulli, ROCKNIX et Batocera.

L'état du projet : archivé, et remplacé

Il faut être clair, parce que beaucoup de tutoriels ne le sont pas. Le dépôt GitHub d'ArkOS est archivé depuis le 30 décembre 2025, conservé « à titre historique ». Les dernières images datent du 9 février 2025 pour les RK3566 et du 24 décembre 2024 pour plusieurs RK3326. Elles restent utilisables, mais il n'y aura ni nouvelle version, ni correctif.

Le développeur a lancé dans la foulée dArkOS, pour « debian based Another rockchip Operating System ». C'est la suite directe d'ArkOS, sur base Debian Trixie, avec la même interface EmulationStation-FCAMOD et la même partition de jeux. Les publications s'y sont enchaînées de décembre 2025 à l'été 2026, avec des sommes de contrôle SHA256. Deux autres projets restent activement maintenus sur ces machines : ROCKNIX et Batocera.

Notre conseil : si vous partez de zéro sur une console RK3566, regardez d'abord dArkOS ou ROCKNIX. ArkOS garde du sens si vous connaissez déjà ce système ou si vous suivez un tutoriel écrit pour lui. La procédure ci-dessous vaut presque à l'identique pour dArkOS.

Ce qu'ArkOS apporte face au firmware d'origine

Le firmware d'origine fonctionne, mais il vieillit mal : cœurs figés, réglages limités. ArkOS répond sur des points précis, annoncés par le projet lui-même.

  • Plus de 90 systèmes émulés et l'accès à PortMaster, soit plus de 800 portages de jeux PC.
  • Le choix du cœur d'émulation par système et par jeu, sans éditer de fichier.
  • Une partition de jeux séparée en exFAT, nommée EASYROMS, lisible sous Windows, macOS et Linux sans logiciel tiers.
  • Une veille stable sur les modèles listés, dont les RG353M, RG353V, RG353VS et RG503.
  • SSH et Samba désactivés par défaut, à activer soi-même depuis le menu Options.
  • Un menu de démarrage et de récupération, BaRT, en maintenant B à l'allumage.

Les inconvénients, maintenant. L'interface est en anglais. Le projet est figé, donc les cœurs d'émulation ne progresseront plus. Et la configuration fine passe par les menus de RetroArch, qui rebutent au début.

Le matériel nécessaire

Il vous faut une seconde carte microSD, un lecteur de cartes, 7-Zip et un outil d'écriture d'image. Le projet exige 8 Go minimum et recommande 16 Go ou plus, sur une carte de marque reconnue (SanDisk, Samsung, PNY). Les contrefaçons sont la première cause de plantage au démarrage : notre guide pour choisir une carte microSD explique comment les repérer.

Pour l'écriture, la documentation recommande USB Image Tool sous Windows (Win32DiskImager fonctionne aussi), ApplePi-Baker ou dd sous macOS, l'application Disques ou dd sous Linux.

La règle d'or. Installez ArkOS sur une seconde carte microSD, jamais sur celle livrée avec la console. Gardez la carte d'origine intacte, sans y toucher. C'est votre retour en arrière garanti : en cas de problème, vous éteignez, vous remettez la carte d'origine, et la console redémarre comme au premier jour. Une carte d'origine écrasée ne se récupère pas.
Deux outils à écarter. Le projet demande explicitement de ne pas utiliser Balena Etcher avec ses images, en raison de comportements erratiques constatés. Il demande aussi de désinstaller « Paragon Linux File Systems for Windows », qui perturbe l'opération et peut corrompre la carte.

L'installation pas à pas

  1. Identifiez votre modèle exact. Retournez la console, lisez la référence et comparez-la à la liste des images. Un RG351V n'est pas un RG351MP. Un RG353V n'est pas un RG353VS. Se tromper d'image donne au mieux un écran noir.
  2. Téléchargez l'image sur le wiki officiel du projet, section des liens de téléchargement. N'utilisez aucune image « préchargée » trouvée ailleurs : le projet ne les soutient pas, et elles contiennent presque toujours des fichiers de jeu illégaux.
  3. Vérifiez la somme de contrôle. Le wiki publie un MD5 en face de chaque image ArkOS (dArkOS publie des SHA256). Sous Windows : certutil -hashfile fichier.img MD5. Sous macOS : md5 fichier.img. Sous Linux : md5sum fichier.img. Si la valeur diffère, le téléchargement est corrompu : recommencez, n'écrivez rien.
  4. Décompressez l'archive avec 7-Zip pour obtenir le fichier .img. Pour une archive découpée en plusieurs parties, téléchargez tous les fragments dans le même dossier et n'ouvrez que le premier.
  5. Écrivez l'image sur la seconde carte. Vérifiez trois fois la lettre de lecteur ou le nom de périphérique avant de valider : une erreur ici efface un disque dur.
  6. Refusez le formatage. À la fin de l'écriture, Windows propose souvent de formater la carte, qu'il ne sait plus lire entièrement. Cliquez sur Annuler : accepter oblige à tout recommencer.
  7. Premier démarrage. Carte insérée, allumez. La machine redémarre deux fois pendant qu'elle agrandit la partition de jeux et la convertit en exFAT. Laissez faire, ne coupez pas l'alimentation. La console est prête quand le menu EmulationStation s'affiche.
N'agrandissez jamais la partition à la main avant le premier démarrage. La documentation est formelle : cela bloque le système en cours de démarrage. L'agrandissement est automatique. Si et seulement si cette étape échoue, GParted sous Linux ou MiniTool Partition Wizard sous Windows permettent de la terminer.

La configuration après installation

Langue

L'interface EmulationStation d'ArkOS est en anglais et le projet ne propose pas de traduction française. RetroArch, lui, a son propre réglage de langue : les menus d'émulation peuvent passer en français, pas le menu principal.

Wi-Fi

Menu Options, entrée WIFI, puis « Connect to new Wifi connection ». Pour vérifier, pressez Start : le SSID s'affiche en bas du menu. Si votre mot de passe contient des caractères absents du clavier virtuel, la documentation prévoit un fichier wifikeyfile.txt à déposer dans le dossier tools de la partition de jeux, avec les lignes ssid= et pass=.

Boutons et raccourcis

Pressez Start puis Configure Input pour cartographier les commandes, y compris celles d'une manette externe. Les raccourcis globaux passent par la touche F : F et croix haut/bas pour la luminosité, F et croix gauche/droite pour le volume, F et R3 pour le Bluetooth. Dans RetroArch, Select + X ouvre le menu, Select + R1 et Select + L1 gèrent les sauvegardes d'état, Select + Start quitte le jeu.

Veille et extinction

Une pression courte sur le bouton d'alimentation met la console en veille. L'extinction propre se fait avec F + bouton d'alimentation : prenez l'habitude tout de suite, couper en force finit par abîmer le système de fichiers de la carte.

Où placer vos jeux

Tous vos fichiers vont dans la partition EASYROMS, visible comme un disque amovible sur votre ordinateur, dans le sous-dossier du système émulé sous /roms/. Ne supprimez aucun dossier existant ni son contenu : certains, comme ceux de la PSP et de la Nintendo DS, hébergent des fichiers dont les émulateurs ont besoin.

Le détail de l'arborescence est traité dans notre article sur le transfert de jeux et l'arborescence des firmwares.

Rappel : ArkOS ne fournit aucun jeu. Vous devez utiliser vos propres fichiers, obtenus légalement. Notre page Où jouer légalement recense les sources autorisées et les jeux libres de droits.

La seconde carte pour les jeux

Sur les machines à deux emplacements, ArkOS peut déporter la bibliothèque sur la seconde carte, désignée roms2 dans la documentation. Cette carte doit être préformatée, en exFAT, EXT4, FAT, FAT32 ou NTFS ; le projet recommande EXT4, exFAT ou NTFS, et signale qu'en EXT4 les droits doivent appartenir à l'utilisateur et au groupe 1002. L'activation se fait via Options > Advanced > SWITCH TO SD2 FOR ROMS. Le système crée l'arborescence sans écraser ce qui s'y trouve, mais ne copie rien. Surtout : une fois ce mode activé, les deux cartes doivent rester dans la console pour qu'elle démarre.

Le piège le plus fréquent

Sur ce firmware précis, ce n'est ni le Wi-Fi ni les émulateurs : c'est l'écriture de l'image. Trois erreurs reviennent en boucle et donnent le même symptôme, un démarrage figé ou une carte illisible. Balena Etcher utilisé malgré l'avertissement. La partition agrandie à la main avant le premier démarrage. Windows autorisé à formater la carte en fin d'écriture. Aucune ne se répare autrement qu'en recommençant depuis le fichier image.

Le second piège suit de près : des jeux copiés qui n'apparaissent pas dans le menu. La documentation donne trois vérifications. L'extension est-elle prise en charge par le système visé ? Dans Start > UI Settings > Visible systems, tout est-il sélectionné ? Dans Start > Advanced settings, « parse gamelists only » est-il bien désactivé ? Pour les autres symptômes, voyez nos 14 causes d'un jeu qui ne se lance pas.

Mettre à jour

Tant qu'il était maintenu, ArkOS se mettait à jour en ligne, sans réécrire la carte : menu Options, entrée Update, avec une connexion Wi-Fi stable. Le mécanisme existe toujours, mais le projet étant archivé, plus rien n'est publié. Considérez votre installation comme figée.

Passer à dArkOS n'est donc pas une mise à jour en ligne : c'est une nouvelle image à écrire, sur une nouvelle carte de préférence. Avant toute manipulation, copiez sur votre ordinateur le contenu de la partition de jeux : les sauvegardes en jeu et les sauvegardes d'état vivent dans les dossiers de jeux eux-mêmes. Le menu Options > Advanced ajoute une sauvegarde des réglages dans le dossier backup.

Revenir en arrière

C'est la partie facile, et tout l'intérêt de la règle d'or. ArkOS s'installe sur la carte microSD, pas dans la console. Éteignez, retirez la carte ArkOS, remettez la carte d'origine, rallumez. Vous retrouvez le firmware constructeur tel quel.

Une réserve : la documentation décrit aussi une installation sur la mémoire interne des RG353. Elle remplace le système d'usine, et le retour en arrière suppose de reflasher une image Android séparée. Nous ne la détaillons pas ici et la déconseillons tant que vous n'êtes pas à l'aise avec ces machines.

ArkOS fonctionne-t-il sur une Anbernic RG35XX Pro ou une RG40XXV ?

Non. Ces machines utilisent une puce Allwinner H700, alors qu'ArkOS ne cible que les RockChip RK3326 et RK3566. Aucune image n'existe et il n'y en aura pas. Pour ces consoles, orientez-vous vers muOS, Knulli, ROCKNIX ou Batocera.

Le projet étant archivé, est-ce risqué de l'installer aujourd'hui ?

Ce n'est pas dangereux pour la console : les images publiées fonctionnent et l'installation reste réversible tant qu'elle se fait sur une seconde carte. Le vrai coût, c'est l'absence d'avenir : ni correctifs ni nouveaux cœurs. Pour une installation neuve, dArkOS ou ROCKNIX sont plus durables.

Puis-je garder mes sauvegardes en changeant de firmware ?

Souvent oui, mais jamais automatiquement. Dans ArkOS, les sauvegardes sont stockées dans les dossiers de jeux de la partition EASYROMS : copiez-les sur votre ordinateur avant tout changement. Les sauvegardes d'état dépendent du cœur d'émulation et ne se transposent pas toujours d'un firmware à l'autre, contrairement aux sauvegardes en jeu.

Faut-il vraiment vérifier la somme de contrôle ?

Oui, c'est trente secondes bien employées. Ces images font plusieurs gigaoctets, et un téléchargement interrompu produit un fichier d'apparence normale qui donnera une console qui ne démarre pas, sans message d'erreur exploitable. La valeur MD5 figure à côté de chaque lien sur le wiki d'ArkOS ; dArkOS publie des SHA256.

Ma console démarre-t-elle encore si je retire la seconde carte de jeux ?

Non, si vous avez activé le mode deux cartes. La documentation est explicite : une fois le basculement effectué, les deux cartes doivent être présentes pour qu'ArkOS démarre. C'est le principal inconvénient de ce mode.

En résumé

Dépôt archivé fin 2025, images figées, successeur du côté de dArkOS : ArkOS reste utilisable, mais son histoire est écrite. Si vous l'installez, faites-le sur une seconde carte. Si votre hésitation porte sur la machine plutôt que sur le firmware, nos consoles rétro sous Linux précisent, fiche par fiche, l'état à la livraison.

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