Console portable rétro à côté d'une batterie externe fine et d'un câble USB-C

Une console annoncée pour sept heures qui s'éteint au bout de trois, c'est la remontée la plus fréquente après une première semaine d'utilisation. Dans la quasi-totalité des cas, la batterie va très bien. Ce qui a changé, c'est ce que la machine fait de son courant : un émulateur PlayStation 1 ne coûte pas le même prix qu'un émulateur Game Boy Advance, et un écran à fond ne coûte pas le même prix qu'un écran à mi-course. L'autonomie n'est pas une valeur, c'est une fourchette, et vous vous déplacez dedans à chaque réglage.

Les cinq facteurs qui vident la batterie

1. Le système émulé, et de loin

C'est le facteur numéro un. Émuler une Game Boy Advance demande un travail dérisoire. Une PlayStation 1, une Nintendo 64 ou une Dreamcast mobilisent le processeur beaucoup plus longtemps à chaque image. Une GameCube ou une PS2 sur machine Android sollicitent en plus le GPU en permanence.

Sur une AYN Odin 2 Portal et ses 8 000 mAh, un testeur relève environ quatorze heures en Game Boy Advance et dix heures en GameCube ou PS2 rendues en 3x. Entre le système le plus léger et le plus lourd que votre machine sait faire tourner, l'autonomie est divisée par deux à trois, et aucun réglage ne compense cet écart.

2. La luminosité de l'écran

Le rétroéclairage est le deuxième poste, et le seul sur lequel vous agissez instantanément. Sur les petites machines Linux dont le processeur consomme peu, l'écran représente une part considérable du total : y baisser la luminosité change plus le résultat que sur une Android qui fait chauffer son SoC.

Nous ne donnerons pas de pourcentage universel, il n'en existe pas : le gain dépend de la dalle et du niveau de départ. Passer du maximum à un niveau confortable en intérieur se voit sur la jauge dans l'heure. Cas particulier des dalles AMOLED, comme celles de la Retroid Pocket 6 ou de la RG556 : seuls les pixels allumés consomment, donc un jeu en 4:3 entouré de bandes noires y coûte moins que la même image étirée en plein écran.

3. Le Wi-Fi et le Bluetooth

Ces deux radios sont souvent accusées à tort. Le Bluetooth seul consomme peu : un test sur smartphone relève moins de deux points d'écart sur vingt-six heures entre Bluetooth activé et désactivé au repos. Sur une console, la dépense vient de la manette externe, pas de la puce.

Le Wi-Fi, lui, mérite d'être coupé : une puce active sans rien à faire continue de scanner et de maintenir son association au réseau pendant toute la session. Sur une console Linux qui consomme peu, cette dépense de fond pèse lourd. Activez-le pour transférer vos fichiers, puis coupez-le pour jouer.

4. La fréquence du processeur

Beaucoup de firmwares personnalisés exposent un réglage de fréquence ou un profil de performance. Levier réel, mais conditionnel : il ne sert que si votre système le propose. Monter la fréquence pour un jeu Dreamcast récalcitrant se paie en autonomie ; la laisser montée pour du SNES revient à payer sans rien recevoir. Les firmwares réglables par émulateur rendent ce levier exploitable : voir nos firmwares alternatifs et le tableau de compatibilité.

5. Le volume et la sortie casque

Le plus faible des cinq, mais pas nul. Ces haut-parleurs sont petits et mal chargés acoustiquement : pour sortir du volume, l'ampli travaille en mauvais rendement, et l'écart se mesure sur une longue session. Un casque filaire coûte moins qu'un haut-parleur poussé.

Des ordres de grandeur, machine par machine

Uniquement des valeurs publiées, dans leurs conditions de test. Ce ne sont pas des garanties : firmware et réglages font varier le résultat.

Machine Batterie Système émulé Autonomie relevée
Anbernic RG35XX (H700) 2 600 mAh Usage mixte 8/16 bits 7 h annoncées, non vérifiées
TrimUI Brick (A133 Plus) 3 000 mAh Usage mixte Environ 5 h annoncées
Retroid Pocket 6 (SD 8 Gen 2) 6 000 mAh NES, SNES, GBA 12 à 13 h mesurées
Retroid Pocket 6 6 000 mAh PS1, N64, puis GameCube et PS2 9 à 10 h, puis 5 à 6 h
AYN Odin 2 Portal 8 000 mAh GBA, puis GameCube et PS2 en 3x 14 h, puis 10 h
Asus ROG Ally 40 Wh Jeu PC moderne, 25 W Moins d'1 h
Asus ROG Ally X 80 Wh Jeu PC moderne, 25 W Environ 1 h 55

Sur les machines Linux, l'autonomie est correcte parce que la charge de travail est faible ; sur les Android, une grosse batterie compense un processeur bien plus gourmand ; sur les Windows, plusieurs dizaines de watts font tomber l'autonomie à l'échelle de l'heure. Notre comparaison Android ou Linux détaille les compromis, et le comparateur filtre sur les caractéristiques.

Pourquoi l'autonomie annoncée ne veut rien dire

Un fabricant qui écrit « 7 heures » ne ment pas forcément : il ne dit pas dans quelles conditions il a obtenu ce chiffre, et aucune norme de test n'existe.

  • Le scénario est choisi par le vendeur. Un test sur jeu 8 bits, écran à mi-luminosité, Wi-Fi et son coupés donne une valeur que personne n'atteindra en jouant.
  • La capacité annoncée n'est pas toujours la capacité réelle. Sur l'entrée de gamme, l'écart existe, rarement en votre faveur.
  • Le firmware change tout. Le chiffre est mesuré sur le système d'origine, qui n'a ni la même veille ni les mêmes fréquences qu'un firmware personnalisé.

Les réglages qui font gagner le plus

Classés par gain décroissant.

  1. Jouer au bon système sur la bonne machine. Sur du Game Boy Advance, une petite Linux tient sans effort là où une Android à gros processeur dépense pour rien. C'est le seul « réglage » qui double réellement l'autonomie.
  2. Baisser la luminosité d'un ou deux crans. Effet immédiat, aucun inconvénient en intérieur, et le geste que la plupart des gens ne font jamais.
  3. Couper le Wi-Fi pendant le jeu. Vous n'en avez besoin que pour transférer, mettre à jour ou synchroniser.
  4. Configurer la mise en veille automatique. Knulli, par exemple, déclenche après un délai d'inactivité une atténuation de l'écran, une extinction, une veille ou un arrêt, puis un second mode plus agressif. C'est ce qui évite de retrouver une machine vide le lendemain.
  5. Redescendre la fréquence après un jeu exigeant, si vous l'aviez montée pour un titre précis.
  6. Alléger les traitements d'image. Filtres, shaders CRT et synchronisation stricte coûtent du calcul à chaque image : voir nos réglages essentiels de RetroArch.
Sur écran AMOLED, ajoutez un thème sombre : ce qui reste noir ne consomme pas.

Les batteries externes : ce qui sert et ce qui ne sert pas

Une batterie externe de 10 000 mAh ne transfère pas 10 000 mAh. Cette valeur est celle des cellules internes, à 3,7 V, alors que la sortie USB se fait à 5 V : le total tombe à environ 7 400 mAh, auxquels s'applique le rendement du convertisseur, qu'Anker chiffre autour de 82 %. Il reste de l'ordre de 6 000 mAh utiles, soit 60 % du chiffre imprimé — deux recharges d'une Anbernic RG35XX, une seule d'une Retroid Pocket 6.

Vient ensuite le piège des petites consoles Linux. Beaucoup de batteries externes coupent leur sortie quand elles ne détectent presque plus de courant tiré : une console qui consomme très peu, ou qui est éteinte pendant la charge, franchit ce seuil et la batterie s'arrête. Deux parades : un modèle doté d'un mode faible courant, dit « low current », ou laisser la console allumée pendant la charge.

Charger en jouant fonctionne, à condition que la source fournisse plus que ce que la machine consomme. Pour une console Linux d'entrée de gamme, n'importe quelle batterie USB-C suffit ; pour une Android haut de gamme, comptez 18 à 30 W ; pour une machine Windows type ROG Ally, 45 W est un plancher et 65 W un confort. En dessous, vous ralentissez la décharge sans l'inverser.

Attention au circuit de charge simple des consoles Linux : sur les machines Anbernic, les revendeurs spécialisés recommandent un bloc 5 V, jusqu'à 2 A. Le risque vient surtout des blocs « charge rapide » bon marché aux protocoles exotiques.

Chaleur. Jouer à un jeu exigeant en chargeant fait monter la température de la cellule, et la chaleur est ce qui l'abîme le plus vite. Apple indique qu'au-delà de 35 °C ambiants, la capacité peut être définitivement réduite.

Faire durer la batterie sur plusieurs années

Un cycle correspond à la consommation de 100 % de la capacité, pas à un branchement : deux sessions qui descendent de 100 à 50 % font un cycle, pas deux. Apple conçoit les batteries des iPhone 14 et antérieurs pour conserver 80 % de leur capacité au bout de 500 cycles, 1 000 sur les modèles récents. Nos consoles n'ont pas des cellules Apple, mais l'ordre de grandeur est le bon.

La tension de fin de charge est le paramètre qui compte. Les données de Battery University sont nettes : chargée à 4,20 V par élément, une cellule tient 300 à 500 cycles, contre 850 à 1 500 si l'on s'arrête à 4,00 V, au prix d'un quart de capacité utilisable.

Sur une console, vous ne réglez pas cette tension. Trois habitudes suffisent : ne pas laisser la machine branchée à 100 % des jours durant, ne pas la laisser à zéro, recharger avant que la jauge ne s'effondre. Inutile de « calibrer » la batterie par des décharges complètes : le lithium-ion n'a pas d'effet mémoire.

Si une console doit dormir plusieurs mois, ne la rangez ni pleine ni vide. Apple recommande environ 50 % de charge, au sec et au frais sous 32 °C, appareil éteint. Battery University chiffre l'erreur inverse : une cellule stockée pleine à 40 °C ne conserve que 65 % de sa capacité après un an, contre 80 % à 25 °C. Et une batterie vide oubliée un an peut passer sous la tension minimale et refuser de se recharger.

Batterie gonflée. Une coque qui bombe, une gâchette qui frotte, un écran qui se soulève : c'est une batterie lithium qui gonfle. Cessez de l'utiliser et de la charger, ne la percez jamais, ne la pliez pas, et faites-la reprendre en déchèterie ou en point de collecte. Si vous n'êtes pas à l'aise pour la remplacer, écrivez-nous via la page contact.

Le cas particulier des machines Android

Une console Android est un téléphone sans carte SIM, avec tout ce que cela implique en tâches de fond. D'où des autonomies en veille très différentes entre deux machines à batterie identique.

Android dispose pourtant d'un mécanisme d'économie, Doze, qui se déclenche lorsque l'appareil reste débranché, immobile et écran éteint : accès réseau suspendu, recherches Wi-Fi désactivées, synchronisations et tâches planifiées repoussées vers des fenêtres de maintenance espacées. Sur le papier, la veille devrait être économe. En pratique, trois choses la sabotent.

  • Les applications exemptées. Une application autorisée à ignorer l'optimisation de batterie continue de travailler. Passez la liste en revue dans les paramètres.
  • Les comptes synchronisés. Messagerie ou stockage cloud réveillent la console régulièrement. Sur une machine qui ne sert qu'à jouer, aucune raison d'en avoir.
  • Les surcouches constructeur. La couche maison qui gère les manettes, les profils de performance ou le ventilateur tourne en permanence, sans pouvoir être désactivée.

Le réflexe diffère donc d'une machine Linux : sur Android, éteignez réellement la console si vous ne comptez pas y revenir dans la journée. Sur une Linux, la veille profonde est si économe que l'extinction n'apporte presque rien.

L'autonomie ne s'achète pas en mAh : elle s'obtient en accordant la machine au type de jeu. Une Linux à 3 000 mAh sur du 16 bits tient plus longtemps qu'une Android à 6 000 mAh sur de la PS2, et coûte trois fois moins cher. La capacité de batterie figure sur chaque fiche produit, comme l'état de la machine à la livraison ; pour comparer, parcourez nos consoles portables rétro.

Faut-il décharger complètement la batterie de temps en temps ?

Non. Cette habitude vient des batteries nickel-cadmium et de leur effet mémoire, que le lithium-ion n'a pas. Les décharges profondes répétées raccourcissent au contraire la durée de vie : une cellule encaisse bien plus de cycles en décharge partielle qu'en décharge complète.

Est-ce que jouer en charge abîme la batterie ?

Ce n'est pas la charge simultanée qui pose problème, c'est la chaleur qu'elle produit. Une session légère sur secteur ne fait pas de mal ; une session d'émulation lourde en charge chauffe la cellule, et c'est la température qui use une batterie lithium. Si le dos de la console devient nettement chaud, débranchez.

Quelle batterie externe choisir pour une console rétro ?

Un modèle USB-C Power Delivery, pas une batterie USB-A. Pour une console Linux, n'importe quelle puissance suffit, mais vérifiez la présence d'un mode faible courant. Pour une Android, visez 18 à 30 W ; pour une machine Windows, 45 W au minimum. Et seuls 60 % environ de la capacité annoncée arrivent réellement dans la console.

Pourquoi ma console perd-elle de la charge alors qu'elle est éteinte ?

Sur une machine Android, ce que vous appelez « éteinte » est souvent une veille, pendant laquelle des services continuent de tourner malgré Doze. Sur une Linux, certaines consoles gardent une consommation résiduelle en veille profonde. L'autodécharge de la cellule existe aussi, mais elle est bien plus lente.

Peut-on remplacer soi-même la batterie d'une console rétro portable ?

Sur certains modèles, la cellule est reliée par un connecteur enfichable et l'opération se fait aux tournevis. Sur d'autres, elle est soudée. Une batterie lithium percée ou pliée peut s'enflammer : au moindre doute, ne l'ouvrez pas et écrivez-nous.

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